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LES SILENCES
DE LA MINISTRE DE LA DEFENSE !
(2)
Jonquières,
le 15 octobre 2004
Madame
Michèle ALLIOT - MARIE
Ministre
de la Défense
14
rue Saint Dominique
00450
ARMEES
Madame la Ministre,
Lors de la séance du mardi
20 janvier 2004 à l’Assemblée Nationale,
Monsieur MARIANI député de Vaucluse vous
a posé une question orale sans débat, relative
aux activités de la base aérienne 115 d’Orange
Caritat.
La réponse que vous lui
avez apportée a été publiée
dans la presse locale dès le lendemain 21 janvier,
assortie de commentaires tendant à mettre en cause
la responsabilité des riverains qui au travers
de leurs associations, défendent leurs droits de
citoyens soucieux de leur qualité de vie et de
leur environnement.
La suite a rapidement pris la tournure
d’une polémique dont se sont saisis un certain
nombre d’élus pour en faire un argument de
campagne électorale de très mauvais goût.
Les Jonquièrois n’ont
pas apprécié pas d’être ainsi
montrés d’un doigt vengeur, comme étant
les responsables potentiels d’une décision
qui n’a jamais été dans leur démarche
et dont la menace est apparue rapidement dans le discours
officiel, dès la création de notre association
en octobre 1998.
Cette manipulation va jusqu’à
être développée à LANDIVISIAU
où, à l’occasion de la venue des membres
de la Commission Mixte défense-environnement le
11 septembre 2003, le Capitaine de Vaisseau DU BOUCHERON
a insidieusement suggéré au Président
de l’association ARBAN, de faire savoir à
ses amis d’Orange que s’ils continuaient à
poser des problèmes, la base pourrait bien fermer.
L’Institution militaire oserait donc se mettre à
ce point à l’abri de tout problème
sérieux au moyen d’une méthode si
basse et si contestable.
Nous regrettons formellement, Madame
la Ministre, que les problèmes que nous posons
depuis 5 ans, et qui n’ont jamais été
exposés autrement que par des arguments sérieux
et concrets ainsi que de propositions précises
devant permettre la meilleure cohabitation possible des
militaires et des civils, n’aient jamais été
pris en considération par l’Etat.
Nous avons reconnu à l’armée
de l’air, et notamment à ses représentants
qui au cours des années précédentes
ont permis qu’un véritable dialogue s’installe,
les efforts qu’elle a fait pour améliorer
au maximum une situation insupportable, dans le cadre
de ses responsabilités.
Du 23 mai 2000 au 1° juillet
2002, avec les généraux BIGOT et PATTIER
et le colonel TEYSSONNIERES, nous avons eu la satisfaction
de travailler efficacement et dans un climat de courtoisie
et de compréhension rares, à ce rapprochement
nécessaire et incontournable des obligations de
la défense nationale et des intérêts
de la population.
Force est de constater que depuis
nous n’avons plus retrouvé ce climat et la
part de responsabilités de l’Etat dans cette
situation n’a toujours pas été reconnue.
Par courrier du 22 mai 2003, nous
vous avons adressé un dossier relatif à
la situation toute particulière du village de JONQUIERES
par rapport à la base aérienne 115 d’Orange-Caritat,
et la lettre qui l’accompagnait exposait clairement
nos attentes.
Ce dossier a été
également adressé à Madame Roselyne
BACHELOT-NARQUIN Ministre de l’Ecologie et du Développement
durable ainsi qu’à Messieurs HUGODOT et LABARTHE
Co-présidents de la Commission mixte défense-environnement.
Il ne contenait rien qui puisse
être considéré comme remettant en
cause l’existence de la base ou contestant sa mission
au titre de la défense nationale. Il traitait avec
modestie des différents aspects et problèmes
posés par la proximité de la plate-forme
militaire avec notre village et sa population.
En conséquence nous ne comprenons
pas que aucun des destinataires de ce dossier n’ait
estimé devoir y donner une suite, nous faire connaître
ce qu’il en pensait, les propositions qui pouvaient
être envisagées, ni même en accuser
simplement réception. Nous déplorons par
exemple qu’un communiqué sibyllin de cette
Commission en date du 30 juillet dernier, se borne à
rappeler son rapport d’étape de septembre
2002 vide de toute nouvelle proposition concrète
en faveur des riverains, et qui ne faisait d’ailleurs
que reprendre l’état des lieux constaté
par la mission Burger-Moyen de 1999.
Nous n’avons récolté
que le silence inévitablement traduit comme le
mépris affiché à l’égard
de la modeste population Jonquièroise qui souffre
comme nulle autre. Peut-être que si l’Etat
avait accordé un minimum de considération
à nos propositions, les choses en seraient allées
autrement.
Faut-il pour que l’on accepte
d’entendre nos doléances et d’en parler
avec nous, barrer les autoroutes, les voies ferrées,
l’accès aux dépôts d’essence,
aux ports, aux gares et aux aéroports, vider des
ordures devant les préfectures et les permanences
des parlementaires, agresser, démolir, mitrailler,
plastiquer ?
Aujourd’hui en supprimant
le Comité Permanent et réformant la Commission
Consultative de l’Environnement, l’Etat réduit
les moyens de concertation existant qui cependant ne donnaient
pas vraiment satisfaction puisque leur fonctionnement
dépendait beaucoup trop du bon vouloir des autorités
militaires.
Les Jonquièrois sont exaspérés
parce qu’ils n’ont pas le coeur à compter
chaque jour le nombre de fois où sans leur accord,
l’armée de l’air se permet des intrusions
dans leur vie privée, les oblige à interrompre
leurs conversations téléphoniques, rendent
les émissions de télévision ou radiophoniques
inaudibles, les obligent à élever la voix
plus que de raison pour se faire entendre, souffrent de
leurs repos ou de leurs premiers sommeils perturbés,
et en perdent leur bonne humeur légendaire
Ils ne supportent plus les vitres
qui vibrent, les portes qui tremblent, les murs qui se
fissurent, les coeurs qui s’affolent dans les poitrines,
les bébés qui pleurent de frayeur, les chiens
qui hurlent à la mort, les jardins pollués,
les fils d’étendoirs noircis, les piscines
souillées.
Les Jonquièrois sont furieux
de voir leurs biens spoliés, leur santé
et leur équilibre psychique compromis par cette
présence inamicale à quelques centaines
de mètres de ce qui n’est plus un lieu de
vie, mais un théâtre de cauchemars.
Quelques exemples parmi tant d’autres:
- ces deux derniers étés
en raison de pics de pollution à l’ozone,
les préfets ont pris des mesures de restriction
de la circulation automobile sans que cela perturbe le
moins du monde l’incessant ballet des appareils
militaires, de jour comme de nuit.
- cet été 2004 le
préfet de Vaucluse a pris un arrêté
pour lutter contre le bruit "une question de santé
publique" afin de pourchasser, sonomètre en
mains, les téléviseurs, mobylettes, tondeuses
à gazon, chiens, coqs, chaînes Hi-fi, etc...trop
bruyants pour les oreilles du législateur, tous
troubles qui alimentent régulièrement la
chronique judiciaire.
- le jeudi matin la BA 115 supprime
toute activité aérienne pour ne pas perturber
le marché d’Orange et elle adapte pendant
les mois d’été ses activités
nocturnes aux Chorégies et autres spectacles Orangeois
ainsi qu’ à la demande des maires, interrompt
les vols à l’occasion de diverses manifestations
auxquelles ils attachent grand prix. Le reste du temps,
et parce qu’il faut bien que les pilotes fassent
leurs 250 heures annuelles de vol, les autochtones subissent
des accroissements traumatisants d’activité.
Nous vous demandons, Madame la
Ministre, d’examiner avec attention les différents
moyens à mettre en oeuvre pour donner une suite
aux mesures en faveur des riverains exposées dans
notre dossier de février 2003, en dehors des dispositions
locales qui restent à obtenir de l’armée
de l’air pour ce qui la concerne directement. Sur
ce plan elle peut encore faire d’énormes
progrès pour mieux adapter d’une part les
horaires de ses activités aux conditions de vie
des riverains, et d’autre part mettre un terme aux
comportement des pilotes qui s’en donnent un peu
trop souvent à coeur joie.
En tout état de cause, le
million d’Euros dépensé pour la recherche
de l’avion de Saint-Exupéry, les 20 millions
d’Euros que coûtent le "Top Gun"
à la française ou les 490 millions d’Euros,
facture des frégates de Taïwan, montrent que
l’argent n’est pas le problème.
Les Jonquièrois, Camarétois
et Orangeois qui vivent et habitent dans le très
proche environnement de la BA 115 d’Orange-Caritat
espèrent que vous consentirez à sortir du
silence observé depuis maintenant trop longtemps.
Dans cette attente, nous vous prions
d’agréer, madame la Ministre, l’expression
de notre haute considération.
le Président,
Louis-Pierre BLANC
Pièces Jointes:
- Questions des associations à
la C.C.E. du 15.01.03
- Lettre du commandant de la base
du 05.12.03
- Réponse de l’AJCNA
à la précédente du 18.12.03
- Lettre du ministre de l’Ecologie
du 19 mai 2004
- Lettre au préfet de Vaucluse
du 01.06.04
- Article Vaucluse Matin du 30.06.04
- Article La Provence du 01.07.04
- Article Le Point du 08.07.04
- Article Vaucluse Matin du 15.07.04
- Article La Provence du 23.08.04
- Article La Provence 28.08.04
- Article Le Point du 2 septembre
2004
- Article Vaucluse Matin 02.10.04
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