Le 20 avril dernier, le Préfet de
la Région Ile de France a fait entériner le projet
de charte dite de " qualité de l'environnement
sonore de l'aéroport de Paris-Orly ", par une
Commission Consultative de l'Environnement dont la composition
n'est pas conforme aux dispositions de la loi n°99.588 du
12 juillet 1999 et de son décret d'application 2000.127
du 16/2/2000.
Rappelons que dans cette Commission Consultative de l'Environnement,
constituée suivant les règles définies par
le décret du 21/5/1987, aujourd'hui caduques, les organisations
de riverains ne disposent que d'une représentation marginale
(8 sur 56).
Le texte adopté a été contesté par
les seuls représentants des riverains et par l'UFCNA. Il
ouvre la voie, par la rédaction de plusieurs de ses paragraphes,
au déplafonnement du trafic aérien " en
fonction de l'importance des améliorations constatées
de l'environnement sonore " !!!
Si, pour reprendre les termes utilisés par le Ministre,
J.C. GAYSSOT, les riverains sont bien d'accord sur la " nécessité
de conjuguer harmonieusement maintien du potentiel économique
constitué par l'aéroport dans le respect scrupuleux
de l'environnement et des droits acquis dans ce domaine ",
ils demeurent et demeureront farouchement opposés à
toute augmentation du trafic aérien, étant une nouvelle
fois rappelé que les objectifs fixés par le Schéma
Directeur de la Région Ile de France 2015, approuvé
par décret le 26/4/1994, ne sont toujours pas respectés
(en 1999, dépassement de 45.000 mouvements).
Si les gains réalisés par les progrès de
la technologie sont sans cesse effacés par l'augmentation
du trafic, ce sera aussi organiser " le sacrifice
durable " pour les populations riveraines, soumises
au matraquage incessant du bruit des avions.
Enfin, si pertes d'emploi il y a eu ces dernières années,
celles-ci sont dues à l'ouverture à la concurrence.
Les riverains ne sont en rien responsables de cette situation
et ils n'accepteront pas d'en faire une fois de plus les frais.
Il appartient au gouvernement, et à lui seul, de prendre
les mesures qui s'imposent pour corriger les dérives de
la mondialisation de l'économie.
En approuvant en l'état un texte qui ne réalisait
pas le consensus, les élus, dont la plupart avaient en
1994 exigé avec beaucoup de véhémence, le
blocage du trafic aérien à 200.000 mouvements par
an à Orly, ont choisi la voie de la facilité. Ils
ont aussi clairement posé les limites de leur crédibilité.
Le Président
R. VAYRAC
Membre du Conseil National du Bruit
et de la Commission Nationale de
Prévention des Nuisances
Contact presse: Mr Daniel Lacambre 0143206887