Libération le 22 mai 2001
Matthieu Ecoiffier
Couloir aérien: des cris dans le vide
Les riverains d'Orly demandent une réelle concertation à l'Etat
Face l'explosion du trafic aérien en région parisienne, les ingénieurs des routes du ciel ont trouvé une solution: multiplier les trajectoires d'approche des avions. Un projet de couloir aérien, concocté par la direction de l'aviation civile (Dgac), ferait arriver les avions Orly par la lointaine banlieue sud au lieu de froler la capitale par le nord de l'aéroport.
"Bruit de fond". Cet itinéraire a l'avantage de libérer cette portion de ciel pour les avions qui partent vers l'Europe de l'Est de la quatrième piste de Roissy ouverte depuis novembre. Et l'inconvénient de soulever une grogne massive des riverains de la grande couronne : ils étaient près de 10 000 venus des Yvelines, de l'Essonne et de la Seine-et-Marne manifester dimanche à Paris. "En proche banlieue, il y a un bruit de fond, les gens se rendent peine compte des avions. Nous on est dans des zones trés calmes, où le bruit est extrémement perturbant", explique Jean-Yves Poutiers.
Du côté de Roissy, on juge l'émoi de ces riverains symptomatique du "not in my backyard" (pas dans mon jardin): "Compte tenu de l'irrépressible croissance du trafic aérien qui concentre la pollution sonore sur une seule zone, la stratégie des approches "en éventail" n'est pas mauvaise. Elle permet de faire supporter un peu moins de bruit à un peu plus de personnes", note Yves Cochet, élu Vert de la zone de Roissy saturée de bruit. "Dans le Val-d'Oise, il n'y a pas de couvre-feu la nuit comme Orly. Et les avions nous survolent à 600 métres d'altitude contre à plus de 2000 métres pour ce projet de route. En revanche, les gens ont raison de protester contre le manque de concertation."
Mea-culpa. Les "infrastructures immatérielles" que sont les couloirs aériens ne sont en effet soumises aucune enquéte publique. Gilles Ricono, directeur de cabinet de Jean-Claude Gayssot, a d'ailleurs fait hier son mea culpa dans le Parisien. Il a reconnu que "ce projet n'avait fait l'objet d'aucune concertation". Et promis que les propositions des associations, notamment un passage beaucoup plus au sud, "seraient expertisées au méme titre que celles de la DGAC" par Eurocontrol, "un organisme indépendant". La veille, le ministre des Transports avait annoncé que la localisation du troisième aéroport, attendue depuis le début des années 90 pour désengorger Roissy et Orly, serait finalement arrétée "au début de l'automne". "Le ministére et la DGAC nous baladent depuis septembre. On attendait une simulation des trajets alternatifs à ce couloir aérien et ils nous proposent une simulation de concertation! L'expertise indépendante c'est du pipeau. Les experts d'Eurocontrol dépendent des organismes de contrôle aérien et des ministéres des pays dont ils sont issus. Ils doivent remettre leur étude fin juin et n'auront ni le temps, ni les moyens d'envisager de véritables alternatives", dénonce le collectif "Alerte aux nuisances aériennes".
Couleuvres. Sur ce dossier, les politiques ne dévient pas de leur trajectoire: l'impuissance. Ils affichent une volonté de concertation tout en étant embarqués dans une escalade, qui faute de décisions d'aménagement prises suffisamment en amont, les oblige avaler des couleuvres plus longues que des Airbus. Ainsi, la décision d'implanter Roissy un "hub", cette gigantesque plate-forme de correspondances, a certes permis Air France de se refaire une santé commerciale mais au prix d'une sévére augmentation de trafic. Certains s'inquiétent des limites de ce modéle, notamment en terme de sécurité et de pollution. Les associations prônent un cahier des charges qui prescrirait un atterrissage des avions "en partant de beaucoup plus haut, en vol plané, tout doucement, en se laissant porter par les masses d'air".
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Concerne l'article Libération du 22
mai 2001 de Matthieu Ecoiffier
Couloir aérien: des cris dans le vide
L'UFCNA soutient la lutte des associations
d'Île de France contre les projets de nouveaux couloirs
aériens en Île de France. La DGAC veut imposer ces
nouveaux flux aériens sans aucune concertation avec les
associations concernées et aux dernières nouvelles
sans l'aval du gouvernement :"M. Ricono dénonce
"ce qui est apparu comme un "passage en force"
(...), alors que le projet de la DGAC n'avait fait l'objet d'aucune
concertation et a fortiori de validation par Jean-Claude Gayssot".(
Le Parisien du 21 mai )
Il apparaît dans votre article que M Cochet soutien démagogiquement
ce projet qui: selon lui "permet de faire supporter
un peu moins de bruit à un peu plus de personnes"
Avec une augmentation de 84% du trafic aérien à
l'horizon 2015 (donnée Eurocontrol) et considérant
l'opposition de M Cochet à la création urgente d'un
troisième aéroport il est évident que
ces nouveaux flux permettrons de faire supporter beaucoup plus
de bruit à beaucoup plus de personnes ( 1 million et demi)
D'autre part, M Cochet nous semble être un riverain de
Roissy très peu informé car il confond et compare
allègrement un couloir d'atterrissage où de décollage
avec les flux aériens qui ont où vont envahir toute
notre région. "Dans le Val-d'Oise, il n'y a
pas de couvre-feu la nuit comme Orly. Et les avions nous survolent
à 600 mètres d'altitude contre à plus de
2000 mètres pour ce projet de route. En revanche, les gens
ont raison de protester contre le manque de concertation."dit
il.
Si M Cochet, regrette qu'il n'y ait pas de couvre feu à
Roissy, pourquoi a-t'il accepté de dénaturer totalement
son projet de loi contre les vols de nuit?
Si M Cochet trouve que nous avons raison de demander une concertation
transparente, il devient important qu'il accepte aussi de s'informer
sur la réalité des nuisances sonores et des nuisances
atmosphériques locales du trafic aérien et d'accepter
le dialogue avec l'UFCNA.
Les Verts ne peuvent plus soutenir l'insoutenable!
L'UFCNA applaudira des deux mains le changement de ligne qui s'impose
pour ce parti politique concernant les nuisances locales et régionale
du trafic aérien.
--
Daniel Lacambre
Responsable communication UFCNA