28 Juillet 2000 - SOCIETE

L'Humanité

Polémiques sur le troisième aéroport


Le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot a jugé hier " tout à fait scandaleuses " les déclarations du député (DL) de Charente-Maritime, Dominique Bussereau contre la construction d'un troisième aéroport qui serait, selon lui, " une grave erreur, aux conséquences funestes pour les finances publiques et l'aménagement du territoire ". Roissy " peut accueillir jusqu'à 80 millions de passagers et non pas 55 millions comme l'a unilatéralement et démagogiquement déclaré Jean-Claude Gayssot ", déclarait le vice-président du groupe DL à l'Assemblée, après la catastrophe de Gonesse.

" N'en déplaise à ce dirigeant de Démocratie libérale, a répliqué le ministre, l'augmentation nécessaire des transports aériens ne doit pas entraîner une augmentation parallèle des nuisances sonores que subissent les riverains. " Et Jean-Claude Gayssot d'ajouter qu'aucun " fait ne permet d'étayer " des " propos ou des commentaires de presse " (le Monde du 28 juillet 2000-NDLR), selon lesquels " ce dossier "ouvert" sous le précédent gouvernement aurait été "interrompu" ou "enterré" ".

André Lajoinie (PCF) a par ailleurs rappelé que la commission de la Production et des Echanges qu'il préside à l'Assemblée nationale " a adopté, à l'unanimité moins une voix, le 4 juillet dernier un rapport sur le transport en France et en Europe " qui soutient " la proposition de création d'un troisième aéroport international dans le bassin parisien. Ce projet doit être multimodal, et sa desserte par rail ne peut excéder une demi-heure. Il doit de plus bénéficier à ses alentours d'espaces aériens non encombrés susceptibles d'accueillir un trafic nouveau ".

De leur côté les Verts, par la voix de Stéphane Pocrain, l'un de leurs porte-parole, mettent en garde contre " une décision précipitée ", et jugent que le troisième aéroport " ne suffirait pas à désengorger le trafic, bien au contraire ". En revanche, le maire PS de Gonesse a jugé qu'il " y a véritablement urgence sur la prise d'une décision gouvernementale " et exige, alors que le trafic approche les 55 millions de passagers, que la promesse des autorités de ne pas franchir ce seuil soit respectée.