Les riverains d'aéroport
ne supportent plus le bruit des avions
(Article
du monde le 18 mai 2000)
Après
M Cochet et M Mamère
Le
nouveau Gouvernement de M Raffarin se prononce clairement et sans
réfléchir pour le sacrifice durable
et
le mépris de la qualité de vie des 10 millions de
riverains des aéroports Français
La décadence d'une
société commence quand l'homme se demande :
"Que va-t-il arriver ?" au lieu de se demander : "Que
puis-je faire ?"
[Denis de Rougemont]
Communiqué
de presse UFCNA
La
saga du troisième aéroport( tout sur le3eme aéroport)
Vouloir gérer l'acquis l'aéroportuaire
d'île de France au seul bénéfice des compagnies
aériennes et d'ADP jusqu'à 2015 est une atteinte
délibérée à la qualité de vie
des 10 millions d'habitants de notre région.
Le bilan actuel prouve que le développement
des structures aériennes en île de France depuis
les années 50 c'est effectué sans schéma
précis, en faisant une impasse totale sur les problèmes
d'environnement.
- 28 aérodromes dans le cercle de 50km de rayon que
représente l'île de France est, aujourd'hui, en
ce qui concerne l'environnement, une atteinte aux droits de l'homme.
- Prétendre plafonner
les nuisances sonores actuelles tout en augmentant
le nombre de mouvements est une mystification. Il s'agit plutôt
de minimiser au maximum par des calculs savants (annualisation
du bruit ? ? ?) les nuisances existantes pour
pouvoir en créer plus. Il est urgent de transférer
le fret de nuit sur des aéroports non nuisants pour l'environnement
(aéroport de Vatry) et d'instituer un couvre- feu nocturne
sur tous les aéroports d'île de France.
- Gérer l'acquis en augmentant les mouvements aériens
c'est fermer les yeux sur les probabilités d'accidents
impliquant la population. ( Il était certainement improbable
qu'un Concorde s'écraserait sur Gonesse en tuant quatre
riverains). Mettre en danger la vie de la population riveraine,
en toute connaissance de cause, est totalement irresponsable !
- Gérer l'acquis au nom de l'emploi ! Le transport
aérien est en pleine évolution donc créateur
d'emploi. La question est d'accepter de transférer les
emplois en dehors de notre région.
- Gérer l'acquis en fonction des villes riveraines
qui vivent de la manne que représente l'aéroport
qui sinistre leurs villes. Un paradoxe car ces villes se paupérisent,
l'immobilier a perdu 50 % de sa valeur, les promoteurs n'acceptent
que de construire des logements sociaux dans lesquels les populations
les plus défavorisées doivent supporter le bruit
et la pollution.
- Gérer l'acquis uniquement en fonction du développement
économique des compagnies aériennes c'est oublier
délibérément le coût économique
généré par les nuisances induites: Paupérisation
de l'habitat et dépenses supportées pour soigner
les victimes des nuisances sonores et de la pollution.
- Gérer l'acquis dans tous les cas, c'est faire en
sorte que les lois, arrêts, décrets soient appliqués
correctement. Que les " flous juridiques "
qui permettent un détournement systématique de
la loi soient supprimés. Que les multiples commissions
soient enfin transparentes, démocratiques et efficaces.
Gérer l'acquis c'est respecter l'homme et son environnement.
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La recherche de solutions |
La plupart des aérodromes Français
sont implantés dans un environnement urbanisé. L'UFCNA
ne peut en aucun cas accepter un report des nuisances aériennes
sur d'autres aérodromes Franciliens ou de Province.
L'avion ne nous semble pas le meilleur
mode de transport à l'intérieur de l'Hexagone et
de l'Europe, le développement du réseau TGV à
destination des capitales régionales et Européennes
nous semble un bon moyen pour remplacer le transport aérien
sur ces destinations,
Le sacrifice des riverains ne pouvant
perdurer, la création
de toute urgence d'un aéroport
international s'impose!
| La création
d'un 3éme aéroport |
Point de vue de l'UFCNA
- L'île de France étant
déjà totalement saturée, c'est à
une distance au-delà de 100 km de Paris que le site doit
être recherché en URGENCE, relié à
la capitale par navette TGV en 45 minutes maximum.
- Ce site doit être un site " propre ",
c'est à dire avec une urbanisation très faible
ou quasi nulle, aucune ville importante dans un rayon de 30 kilomètres.
- Les quelques habitants qui pourraient
se trouver exposés du fait de cette installation devront
être correctement indemnisés sur la
valeur intrinsèque de leur patrimoine ou la valeur du
marché, la plus avantageuse pour eux.
- Ils devraient pouvoir conserver l'usufruit de leur propriété
pour respecter leur "racines"
- Le périmètre de protection
de cette nouvelle plate-forme devra être totalement et
strictement interdit à l'urbanisation.
- Une zone inconstructible à l'habitation
de 30km de rayon autour de l'aérodrome doit être
imposée et respectée.
- Cette nouvelle plate-forme, connectée
au réseau TGV et autoroutier, pourrait être utilisée
au trafic de nuit pour le fret et regrouper les " HUB "
(il apparaît comme une véritable hérésie
de créer des HUB dans des aéroports établis
en zone urbanisée).
- La seule plate-forme qui réunit
actuellement toutes ses conditions est la plate-forme de Vatry.
- Elle a l'avantage d'exister et d'être
parfaitement bien située.
- Elle peut être utilisée
immédiatement pour le fret de jour et de nuit.
- Elle peut être restructurée
en cinq ans en une plate-forme internationale et raccordée
en TGV dédié ( TGV Est avec enregistrement des
bagages en gare de l'est)
- Un aéroport passagers (pistes supplémentaires
et terminaux) peut être facilement intégré
en cinq ans à la plate-forme de Vatry afin de la rendre
définitivement opérationnelle en 2007 avec une
navette TGV dédiée et enregistrement des bagages
dans un terminal dédié à la gare de l'Est.
( 40 minutes de transport ce qui représente 20 minutes
de moins que le trajet Londres-Heathrow) Les désertes
routières devront êtres minimisés et le transport
du fret par rail devra être favorisé.
Pour mémoire
Intervention de Mr Jean Pierre
Blazy à l'assemblée Nationale durant le débat
sur Air France (extrait Mars 2000)
Le développement d'Air
France suppose, enfin, que la compagnie dispose d'infrastructures
adaptées au marché mondial actuel, mais aussi aux
impératifs environnementaux. L'extension controversée
Paris-Charles de Gaulle satisfait à la première
de ces exigences. Pour satisfaire à la seconde, vous avez
pris, il y a deux ans et demi, l'engagement de limiter l'extension
de cette plate-forme à 55 millions de passagers et à
480 000 mouvements : on prévoyait alors que ces plafonds
seraient atteints en 2015. Or, aujourd'hui, la croissance très
rapide du transport aérien et les effets de la politique
du " hub " nous laissent penser que ce seuil de saturation
sera atteint à brève échéance. En
1999, 43 millions de passagers, dont 28 millions pour Air France,
ont transité par Roissy et 470 000 mouvements ont été
enregistrés...
Il est donc indispensable de
prendre une décision quant à la construction d'un
troisième aéroport international desservant la région
parisienne. Il y va de la place de la France dans le transport
aérien européen et de l'avenir de l'entreprise.
Mais il y va aussi de la préservation de notre environnement
et de l'aménagement équilibré de notre territoire.
Trop d'erreurs ont été commises depuis la décision
de construire Roissy, et aujourd'hui ce sont quelque 500 000 personnes
qui souffrent des nuisances dues à cette plate-forme. Le
site de ce troisième aéroport doit être choisi
en tirant les leçons du passé ! Il y a aussi là
un enjeu de sécurité.
Les instances internationales
de l'aviation civile constatent des retards de plus en plus fréquents.
En outre, le Conseil des ministres européens des transports
s'est demandé si la croissance du trafic aérien
ne devait pas être limitée en raison de son impact
sur l'environnement, et il commence à envisager de gérer
la pénurie. En France, malgré les concessions des
autorités militaires qui ont libéré une partie
de son espace aérien, aucune amélioration notable
n'a pu être enregistrée. Cette saturation ne risque-t-elle
pas de nuire à l'exigence de sécurité maximale
? Il faut en tout cas réfléchir aux moyens de renforcer
la coopération entre le contrôle civil et le contrôle
militaire.
Toutes ces constatations montrent
la nécessité d'une politique européenne plus
efficace, de mesures en faveur d'un " ciel européen
unique " et d'un renforcement des pouvoirs, ainsi que de
la construction du troisième aéroport en France.
Le 30 juin dernier, en séance
publique, vous vous étiez engagé à prendre
une décision sur ce dernier sujet avant le 31 décembre.
Rien n'est venu.
Lors de mes nombreuses consultations,
j'ai pu constater que trop d'acteurs du transport aérien
n'ont pas pris conscience que le seuil de 55 millions de passagers
était une limite infranchissable et que, tranquillisés
par la mise en place du leurre de Beauvilliers destiné
à rassurer les riverains de Roissy, ils espèrent
que le troisième aéroport ne verra pas le jour,
pensant que les échéances électorales permettront
de passer outre l'engagement du Gouvernement.
Monsieur le ministre, vous avez su tenir
d'autres engagements ! Il vous appartient maintenant de démentir
tous ceux qui pensent que ce gouvernement ne tiendra pas celui-ci.
Ce troisième aéroport donnera, j'en suis certain,
une chance exceptionnelle à Air France de s'affirmer dans
le monde comme une compagnie de premier rang et à la France
d'accroître encore son rayonnement international.
Réponse de Mr
le Ministre Gayssot à Mr Blazy
MM. Blazy et Asensi se sont inquiétés
des nuisances. Je partage leurs préoccupations et je crois
que si le transport aérien n'intègre pas mieux les
problèmes d'environnement, cela se retournera contre lui.
Cela étant, l'intérêt général
commandait la réalisation de pistes supplémentaires
à Roissy. Mais l'engament que j'ai pris concernant les
55 millions de passagers sera tenu, croyez-le bien (Très
bien ! sur les bancs du groupe socialiste).
La question du troisième aéroport,
et plus généralement des infrastructures portuaires,
se pose avec d'autant plus d'acuité que l'évolution
du trafic aérien est encore plus rapide que prévu.
Vous m'avez rappelé, Monsieur Blazy, que j'avais pris
l'engagement de me prononcer avant la fin de 1999. C'est exact,
mais à l'époque nous pensions que les schémas
de service seraient finis en 1999.
Or du retard a été pris. Je vous confirme aujourd'hui
que la question sera bien traitée dans ce cadre. Des études
sont en cours et devraient aboutir durant l'été
2000. Nous pourrons alors nous prononcer sur l'opportunité
d'une telle infrastructure et sur le site géographique.