Le Premier ministre Lionel Jospin a annoncé ce jeudi
la décision de principe du gouvernement d'engager la construction
d'un troisième aéroport international, après
ceux de Orly et Roissy. Une construction qui "apparaît
nécessaire" pour "répondre à l'augmentation
du trafic aérien".
Cette décision a été entérinée
dans l'après-midi lors d'une réunion de ministres
à Matignon consacrée à l'aménagement
du territoire. Cette décision "d'opportunité"
a été prise au cours d'une réunion de ministres
sur les "schémas de services collectifs".«Vraisemblablement
il faudra un troisième aéroport», a déclaré
le secrétaire d'Etat à l'Economie solidaire, Guy
Hascoët, en quittant Matignon. «Après, les
choses restent ouvertes en matière de site.»
Cette décision fait partie des neuf «schémas
de services collectifs» pour les années 2000-2020
approuvés jeudi par le gouvernement en application de la
loi Voynet du 25 juin 1999 sur l'aménagement du territoire.
Ces neuf schémas de services feront l'objet «jusqu'au
15 avril prochain» d'une large consultation dans les régions,
a promis Lionel Jospin. Ils seront adoptés définitivement
«au début de l'été 2001» lors
d'un comité interministériel d'aménagement
du territoire.
Opposition des Verts
Le dossier du troisième aéroport, évoqué
depuis plusieurs années pour faire face à la saturation
de l'aéroport de Roissy, avait été relancé
cet été par la catastrophe du Concorde. Partisan
résolu de ce projet, le ministre des Transports Jean-Claude
Gayssot a promis de limiter à 55 millions par an le nombre
de passagers transitant par Roissy, contre 48 millions actuellement.
Ce projet est combattu
par Dominique Voynet et par les Verts, à la fois pour des
raisons environnementales et d'aménagement du territoire.
Lionel Jospin s'est donc contenté d'une décision
de principe, habillée de multiples précautions
pour ne pas froisser les susceptiblités écologistes.
La décision sur l'implantation de cette plate-forme aéroportuaire
serait ainsi repoussée à plus tard.
D'autres projets de schémas de services collectifs prévus
par la loi Voynet du 25 juin 1999 sur l'aménagement du
territoire devaient être annoncés à l'issue
de cette réunion par le Premier ministre. Lionel Jospin
doit notamment rendre un arbitrage très sensible sur la
construction de l'autoroute A51 entre Grenoble et Sisteron, qui
fait également l'objet d'un bras de fer entre les ministères
de l'Equipement et de l'Environnement. (AP)